Le docteur B. est un tenant de la « biologie totale ». Il explique sans rire au Soir que « des causes psychologiques permettent à un individu d’être récepteur ou non du virus du sida ». Entre autres affirmations étonnantes… On s’étrangle, mais rapidement, Koen Demyttenaere, directeur du service psychiatrique à la KUL, tranche dans le vif : « Ce genre d’ineptie n’a aucune valeur scientifique. »

La biologie totale défend un principe : « Toute maladie résulte d’un conflit psychologique. » Elle fait des adeptes en Belgique. Elle pousse certains malades à arrêter leurs traitements, même dans le cas de pathologies comme le cancer. Un psychothérapeute liégeois pourrait être bientôt renvoyé devant le tribunal correctionnel pour homicide involontaire : une de ses patientes atteinte d’un cancer de l’estomac est décédée. Elle avait cru aux promesses de guérison sans recours à la médecine classique.

Comment la biologie totale réussit-elle à séduire le public ? Ses partisans organisent des conférences où ses idées circulent. Parfois jusqu’à l’incident : à Woluwe-Saint-Pierre, une commune qui abritait depuis quinze ans les exposés du docteur B., les ponts viennent d’être rompus. Des associations de lutte contre les pratiques sectaires s’inquiétaient de possibles dérives.

Justice, Ordre des médecins et communes : la Belgique semble prendre la mesure des dangers de la biologie totale.

Source: http://archives.lesoir.be/t-20080422-00FT6M.html?query=biologie+totale&andor=and&when=-1&sort=datedesc